Vendredi 19 Février, 2021

Garikoitz Mendizabal et le Basque National Orchestra fusionnent pour former 'Gutizia'

Garikoitz Mendizabal avec le Basque National Orchestra (Photo: Juantxo Egaña)
Garikoitz Mendizabal avec le Basque National Orchestra (Photo: Juantxo Egaña)

Le txistulari Garikoitz Mendizabal et le Basque National Orchestra s'allient pour enregistrer un disque de huit œuvres écrites pour txistu et orchestre par des auteurs d'origines diverses. Leur objectif est d'augmenter le répertoire de cet instrument et d'assurer ainsi une plus grande diffusion internationale.

Deux mondes qui, a priori, empruntent des chemins différents, se retrouvent à un moment donné pour aboutir à Gutizia, une espèce de delicatessen qui lie de manière naturelle un instrument profondément enraciné dans la culture basque qu’est le txistu et un orchestre symphonique. C’est ce sur quoi travaillent Garikoitz Mendizabal et le Basque National Orchestra ces jours-ci à Miramon pour obtenir un enregistrement discographique et une projection ultérieure en vue de créer un recueil d’œuvres écrites pour txistu et orchestre. Pour citer l’un des défenseurs de cet instrument, Garikoitz Mendizabal, leur objectif est d’« augmenter sa littérature pour que le txistu puisse avoir naturellement une projection internationale dans les orchestres du monde entier ». 

L’enregistrement comprend un total de huit œuvres écrites ou adaptées par des auteurs d'origines diverses, ce qui fait de cette collection de musique un voyage en soi. Pour la plupart d’entre elles, il s’agit de leur première représentation, et elles sont accompagnées d’histoires et de motivations différentes : un hommage au Kenya (Karibu Peponi) ; un échantillon des émotions ressenties par l’être humain tout au long de sa vie (Légende) ; la revendication d’un instrument –le txistu– qui concourt au même niveau qu'un orchestre (Symphony-Concerto) ; ou celle du compositeur libanais Naji Hakim, qui s'inspire des mélodies basques pour introduire le txistu comme instrument soliste sous la forme classique d'un concert à trois mouvements (Concerto pour txistu et orchestre).

 

 

Intervenants dans le projet

 

Le directeur associé du Basque National Orchestra, Jaume Santonja, se chargera de la direction musicale de Gutizia. Outre Garikoitz Mendizabal, l’orchestre et les compositeurs, s'incorporent à ce projet la soprano Naroa Intxausti, le chœur d’enfants du Conservatoire Francisco Escudero dirigé par Eva Ugalde, Iñaki Tellería et Marc Blanes dans la production et le son.

Le label international Orpheus Classical s’occupera de l’enregistrement de ce projet musical, qui sera édité au format CD. Il sera disponible sur Spotify et iTunes, et son lancement est prévu après l’été.

Garikoitz Mendizabal (Zestoa, 1973) constitue une icône dans l'interprétation, la défense et l’impulsion du txistu. Ces dernières années, il a réalisé un important travail en collaboration avec des auteurs contemporains afin d’obtenir de nouveaux répertoires. On peut dire que Gutizia est le résultat de tout ce processus. D’après ses propres termes : « Il est indéniable que, dans la mesure où la musique est nouvelle, il est certain que cela augmente et enrichit la littérature pour txistu et orchestre. Et, pendant toutes ces années, cela a été mon souhait : laisser un héritage pour les générations futures. Des musiciens basques et également étrangers ont écrit pour cet instrument qui fait partie intégrante de notre culture. J'aimerais laisser aux futurs txistularis plus de possibilités et plus de matériel pour jouer accompagnés d'un grand orchestre. Tout comme ce que l’on fait avec certains instruments pas très habituels (accordéon, guitare, etc.) dans l’univers de l’orchestre, le txistu aura également, et naturellement, plus de possibilités de jouer avec un orchestre symphonique, aussi bien au Pays Basque qu’à l’étranger. Je suis convaincu que cela peut être un instrument et une ressource formidable dans le processus d’expansion internationale de la culture basque, car j’ai pu constater la réaction pleine d’émotion que ressentent généralement les auditeurs à l’écoute de notre txistu accompagné d'un orchestre. Je mets simplement à votre disposition mon temps, mes envies et mon espoir. »

Pour le Basque National Orchestra, ce mariage entre deux mondes vise à d'assurer la continuité de sa vocation de promotion et de diffusion de la culture basque, à cette occasion à travers un instrument très enraciné et traditionnel. Cet exemple vient s'ajouter à d'autres exemples, comme ceux réalisés avec la txalaparta (Kalakan), la cornemuse (Gaiteros de Elciego) et la trikitixa (Kepa Junkera). L’objectif de cette série de projets a toujours été de défendre, de donner un nouvel élan et de laisser une trace de la richesse patrimoniale de la culture basque.

 

 

Fiche technique

 

Œuvres par ordre d’enregistrement :

  • Légende....................................................... Eduardo Moreno [17’]
  • Concerto pour txistu et orchestre................. Naji Hakim [12’]
  • Hora stacatto................................................ Grigoras Dinicus (Orchestration : Iñaki Urkizu) [2’]
  • Iruten ari nuzu............................................... Populaire (Orchestration : Kepa de Migel) [4’]
  • Atzo ttun ttun................................................. Populaire (Orchestration : Kepa de Migel) [4’]
  • Karibu Peponi............................................... Javier Martinez Campos [10’]
  • Symphony-Concerto..................................... David Johnstone [27’]
  • Fandango Zaharra........................................ Inconnu (Orchestration : Pierre Wekstein) [4’]

 

 

Y participent :

  • Garikoitz Mendizabal, txistulari.
  • Basque National Orchestra.
  • Naroa Intxausti, soprano.
  • Chœur d’enfants du Conservatoire Francisco Escudero. Chef d'orchestre : Eva Ugalde.
  • Jaume Santonja, chef d’orchestre.
  • Iñaki Telleria et Marc Blanes, production et son.

 

 

Remarques sur quelques-unes des œuvres qui composent Gutizia

 

Légende (Eduardo Moreno)

Cette partition est à l’évidence une tentative visant à montrer les émotions ressenties par l’être humain tout au long de sa vie. Le porte-parole de leur transmission n’est qu'un petit être comme n'importe qui d’entre nous ou, autrement dit, un instrument humble : le txistu.

Nous lui prenons son langage, sa manière de dire les choses, nous lui enlevons sa personnalité en le tirant de son contexte et nous lui donnons l'opportunité de nous montrer les sentiments éprouvés par n’importe quelle personne : la joie, l’amour, la douleur, la lutte et..., pourquoi pas ?, le désespoir.

Légende raconte une histoire, mais dépouille également le txistu de tous les artifices créés par la tradition, pour pouvoir montrer avec son propre son les expériences les plus profondes vécues par tous les être humains depuis de longs siècles.

 

Concerto pour txistu et orchestre (Naji Hakim)

Il s'agit d'un concerto basé sur une forme classique à trois mouvements. Le compositeur libanais Naji Hakim a pris pour source d’inspiration les genres et mélodies basques. Le premier mouvement se compose d’une mazurka et d’un menuet dansant, le deuxième fait référence à la marche funèbre Gernika, de Pablo Sorozábal, et le troisième et dernier à la danse.

 

Hora Staccato (Grigoras Dinicus, orchestration d’Iñaki Urkizu)

Œuvre connue et virtuose. C’est la première fois qu’elle est présentée pour txistu et orchestre.

 

Iruten ari nuzu / Atzo Ttun ttun (Populaire, orchestration de Kepa de Miguel)

Chansons basques connues d'auteur inconnu, avec orchestration de Kepa de Migel Garbizu. Pour Garikoitz Mendizabal, cela suppose un retour à une époque où il était élève de conservatoire il y a 25 ans de cela, un exercice de nostalgie et de souvenirs. Pour ce faire, il a assigné l'orchestration à celui qui a été son cher professeur. Amaia Zipitria (avec qui il a suivi des études en tant qu’accompagnateur au piano) et la soprano Naroa Intxausti participeront à cette œuvre vécue par Mendizabal comme « une clôture de cycle émouvante ».

 

Karibu Peponi (Javier Martínez Campos)

Karibu Peponi est une œuvre composée en 2021 pour txistu soliste et orchestre symphonique, écrite sur la demande de Garikoitz Mendizabal, à qui elle est dédiée pour l’amitié et les diverses expériences et collaborations professionnelles qui unissent le compositeur et le txistulari.

La pièce est un petit hommage au Kenya, à son peuple, sa flore et sa faune, d’où son titre en swahili : « Karibu Peponi », qui, traduit en français, signifie « Bienvenus au paradis ». Lorsque Martínez Campos s’est rendu dans ce pays en 2019, il a connu un guerrier d'une tribu de Samburu qui avait l’habitude d’improviser avec une flûte à trois trous, un instrument qui, inévitablement, lui a rappelé le txistu. Voilà pourquoi il lui a semblé approprié de lui donner le rôle principal dans cet hommage.

Musicalement, l’œuvre utilise le rythme africain Makru, et est construite à partir de deux thèmes qui se déroulent à travers des variations rythmiques, harmoniques et mélodiques dans un dialogue constant entre soliste et orchestre, avec pour résultat une composition d’une grande exigence technique et expressive pour le soliste, tant pour les notes et la vitesse que pour le phrasé et la musicalité, ainsi que colorée, spectaculaire et grandiose dans la partie orchestrale.

 

Symphony – Concerto (David Johnstone)

L'objectif principal du compositeur a été de produire un important ajout au répertoire du soliste de txistu, aussi bien dans la difficulté de l’écriture que dans l’écriture symphonique, dans une œuvre dans laquelle le soliste peut concourir au même niveau que l’orchestre dans une création musicale synonyme de transformation symphonique et de développement organique, d’où son titre. Le travail est incontestablement spirituel, mais pas clairement « religieux », tout au moins dans un sens traditionnel.

Le premier mouvement commence comme une « Oraison », ambiance de film romantique, avec une partie de soliste à voix cantabile et parfois plus déclamatoire ; cependant, l’accompagnement orchestral fait monter progressivement la tension pour rendre la partie de soliste désespérée et abattue.

Lorsque nous entrons dans le deuxième mouvement, l’orchestre « abandonne » entièrement le soliste, qui doit trouver son propre chemin dans une longue cadence. Sans relâche, Johnstone lance le troisième mouvement rapide, intitulé « Libération », un allegro assez agressif dans les cordes. Plus tard, le soliste domine en grande partie la plupart des procédures dans la section de développement ; il y a des moments de haute propulsion, un grand mélange de tension et de détente, une cadence subtile mais énergique du soliste et des solistes de section de l’orchestre de corde, et une coda glorieuse et triomphante pour mener l’œuvre à un final brillant et émouvant.

La dédicace est pour Félix Palomero, « de croire en moi », selon les propres termes du compositeur.

Informations additionnelles

Image de l'enregistrement (.jpg)
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