Vives ovations pour le Basque National Orchestra à L’Auditori de Barcelone

Après deux heures et quart de concert, le Basque National Orchestra a reçu, vendredi, samedi et dimanche, de vives ovations de la part du public barcelonais en réponse à des concerts qui rendaient hommage à Ravel, révélaient l’œuvre de Sorozabal et plongeaient l’auditoire dans l’exigeant et toujours grandiose Mahler.
Le programme de concerts s’est révélé être le choix musical le plus pertinent pour un orchestre qui, en tournée, remplit pleinement sa double mission : se faire ambassadeur culturel et affirmer sa maîtrise du grand répertoire universel.
Les concerts ont débuté, devant des salles presque pleines, avec l’Alborada del gracioso de Ravel, un compositeur à la fois basque et universel, dont l’œuvre permettait de commémorer le 150ᵉ anniversaire de sa naissance et concrétisait également le clin d’œil partagé avec l’Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya (OBC), dans le cadre de l’échange avec le Basque National Orchestra, pour symboliser l’union des deux orchestres de part et d’autre des Pyrénées.
L’œuvre suivante fut celle de Pablo Sorozabal, ses Siete Lieder, une pièce écrite par le compositeur basque durant sa période allemande et qui réunit des poèmes d’Heinrich Heine traduits en euskara par José Arregi. Les Siete Lieder proposent une sélection de ces poèmes, mis en musique, chantés en euskara et dédiés à de grandes figures de la culture basque. Dans cette œuvre, Sorozabal fusionne la tradition allemande avec les rythmes et les modulations du folklore basque. La soprano navarraise, Sofía Esparza, grâce à la beauté lyrique de sa voix, s’est approprié ces chants et en a offert une interprétation magistrale. De la première chanson, « Amesetan », à la septième, « Agertu yatan orriya », Esparza a parcouru et interprété, avec douceur et une remarquable qualité vocale, les sept poèmes, qui ont été une véritable découverte pour le public catalan.
Après l’entracte, est arrivée la Symphonie n°5 de Mahler, toujours aussi exigeante et foisonnante. Cette symphonie, aux connotations autobiographiques, parcourt, en près de 70 minutes, l’ensemble des états émotionnels d’un compositeur au bord de la mort : depuis le solo initial de trompette qui ouvre une marche funèbre jusqu’à son final triomphant, qui évoque l’idée d’un « réveil », Mahler traverse la désespérance, la mélancolie, l’optimisme et même une véritable déclaration d’amour, incarnée dans le très célèbre Adagietto, immortalisé par le film « Mort à Venise ». Le Basque National Orchestra connaît parfaitement cette symphonie, avec laquelle il s’est présenté lors de ses tournées internationales, ainsi que, quelques jours avant son déplacement à Barcelone, dans la Saison Symphonique de Vitoria et de Pampelune. Toutes les sections de l’orchestre, portées par leurs solistes, notamment le trompettiste Alberto Romero et le corniste Adrián García Carballo, se sont fondues en un ensemble d’une grande cohésion et ont offert, avec maîtrise et solidité, une interprétation de la célèbre et éblouissante Symphonie n°5 de Mahler, dirigée depuis le podium par Antonio Méndez.
L’importance des échanges
Après les concerts, le directeur général de l’OBC, Víctor Medem, et son homologue du Basque National Orchestra, Roberto Ugarte, ont insisté sur l’intérêt de ce type d’échanges, tant pour les orchestres et leurs musicien(ne)s que pour le public qui les écoute.
Concerts
- 24 novembre (19h30) : Conservatoire Jesús Guridi (Vitoria)
- 25 novembre (19h30) : Auditorium Baluarte (Pampelune)
- 28 novembre (19h00) : L’Auditori (Barcelone)
- 29 novembre (19h00) : L’Auditori (Barcelone)
- 30 novembre (11h00) : L’Auditori (Barcelone)
Programme
- M. Ravel : Alborada del gracioso [8’]
- P. Sorozabal : 7 Lieder [16’]
- G. Mahler : Symphonie nº5 [68’]
Basque National Orchestra à Barcelone
OBC à Euskadi
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